Sommes-nous si crédules ?

Tout le monde connaît l’effet « placebo ». Il est défini comme « un traitement d’efficacité pharmacologique propre nulle mais agissant, lorsque le sujet pense recevoir un traitement actif, par un mécanisme psychologique ou physiologique » (wikipédia).

Il s’agit donc des conséquences d’administration d’un médicament pharmacologiquement inerte prescrit dans un contexte thérapeutique. L’homéopathie est considérée par la science comme faisant partie des placebo au même titre que les autres pratiques alternatives…

Et pourtant l’effet placebo est une des épines dans la chaussure de la science et de l’industrie de la santé.

Henry Beecher a réuni les données de 15 études démontrant l’efficacité de celui-ci dans une moyenne de 35,2% des cas.

Les autorisations de mise sur le marché seraient donc amenées à valider l’efficacité des médicaments et par conséquent à vérifier qu’elle est supérieure aux 35% des placebo. Et pourtant, certains médicaments ayant fait scandale, les essais cliniques falsifiés ou bidonnés, les données masquées, les maladies inventées de toute pièce seraient accidentels voire involontaires. La science par contre n’hésite pas à décrier les pratiques alternatives en déclassant par exemple l’homéopathie ou l’acupuncture après les avoir intégré dans le cercle vertueux de la médecine. L’homéopathie est reléguée au rang de simple placebo. Pour vous en convaincre tapez homéopathie et placebo sur un moteur de recherche. Et pourtant.

Le placebo serait parfois plus efficace dans le temps : l’effet serait plus rapide et durerait parfois plus longtemps que certains médicaments.  Une accoutumance au placebo pour provoquer une dépendance médicamenteuse…

Le temps, la modulation du stress et les anticorps seraient pour moitié dans l’effet placebo.

Son efficacité serait, enfin, liée à la confiance du patient envers le praticien et dans l’efficacité du produit. Celle-ci provoque la libération d’une substance dans notre organisme : l’endorphine. L’endorphine est désormais bien connue dans le traitement de la douleur. Elle facilite grandement le sentiment de bien-être.

La prescription d’un placebo est licite : selon l’article 511 du code de la santé publique.

Cercle vertueux mais pas que

La relation patient/soignant est importante car le placebo ne peut fonctionner que si cette relation est sincère : le patient ayant confiance dans le soignant et le soignant souhaitant atténuer la douleur ou guérir le patient.

Selon un article de la revue « Cerveau et Psycho » 35% à 45% des médicaments prescrits seraient des placebo impurs.

Plus le soignant serait chaleureux, plus l’effet placebo serait important et la maladie supportable.

Il y aurait donc un cercle vertueux à l’effet placebo. Un cercle basé sur la confiance et l’optimisme.

Il existerait donc un cercle vicieux par opposition. Si l’on considère que 35 à 45% des produits pharmaceutiques sont vendus et prescrits comme des médicaments, on peut donc en déduire que la confiance peut se transformer en crédulité ou en manipulation.

Un peu moins de la moitié des médicaments sont de coûteux placebo voire parfois des nocebo.

En 1996, les vrais anti-douleurs étaient évalués par les patients comme 27% plus efficaces que les placebo. En 2013, il n’y avait plus que 9% d’écart entre les deux.
En France, il y aurait un visiteur médical pour 8 médecins. Après le passage de ceux-ci les prescriptions de produits que représentent ce visiteur seraient triplées dans certains cas.

Dans ce cercle-là, c’est le visiteur médical et par conséquent le laboratoire pharmaceutique qui seraient gagnant. Les programmes de déremboursement de certains médicaments tiennent-il compte de tout cela ? On peut en douter lorsque l’on sait la place des lobbys pharmaceutiques dans l’espace politique français ou européen. Saviez-vous qu’il y a encore peu de temps les lobbys pharmaceutique avaient leurs bureaux au sein de l’assemblée nationale.

Loin de prôner un monde sans médicaments il convient d’être prudent dans l’efficacité de ceux-ci et du degré de confiance que nous pouvons accorder à la sincérité de nos praticiens.

Si la science se méfie des pratiques alternatives, quel regard devons-nous porter sur un domaine qui pense qu’il n’y a qu’une seule vérité : la vérité scientifique.

Crédule, naïf ou prudent… à vous de voir

 

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